Une montre marquée 200 mètres n'est pas nécessairement une montre de plongée. Une montre marquée Diver's 200 m l'est. Ce mot n'est pas décoratif : il engage juridiquement le fabricant sur le respect de la norme ISO 6425.
Ce que la norme exige
Publiée en 1996 et révisée depuis, l'ISO 6425 impose une profondeur minimale de 100 mètres et une série de tests que chaque montre — et non un échantillon — doit passer individuellement.
L'étanchéité est vérifiée sous une pression supérieure de 25 pour cent à la profondeur annoncée. Une montre certifiée 300 mètres est donc testée à 375. Elle doit aussi résister à un choc thermique : immergée à 40 degrés, puis 20, puis 40 à nouveau, sans qu'aucune condensation n'apparaisse sous le verre.
La couronne et les poussoirs subissent une force de cinq newtons pendant dix minutes sous pression — pour vérifier qu'un choc accidentel ne les ouvre pas en immersion.
La lunette
Elle doit tourner dans un seul sens, en sens antihoraire. La raison est une question de sécurité : si la lunette bouge accidentellement, elle ne peut que raccourcir le temps de plongée affiché, jamais l'allonger.
Elle doit comporter des graduations tous les cinq minutes au minimum, être crantée pour éviter le mouvement involontaire, et rester manipulable avec des gants.
La lisibilité
La norme est précise : l'heure doit être lisible à 25 centimètres dans l'obscurité totale. Cela suppose des index et aiguilles luminescents suffisamment chargés, et un contraste marqué avec le cadran.
Un indicateur de marche doit également être visible dans le noir — c'est le rôle du point lumineux sur la lunette à midi, ou de l'aiguille des secondes luminescente. Le plongeur doit pouvoir vérifier que la montre fonctionne encore.
Les autres exigences
La montre doit résister à un champ magnétique de 4 800 A/m sans que sa marche dévie de plus de trente secondes par jour. Elle doit supporter un choc mécanique équivalent à une chute, résister à l'eau salée pendant vingt-quatre heures, et son bracelet doit tenir une traction de 200 newtons de chaque côté.
Pour la plongée saturation — celle des plongeurs professionnels qui séjournent en caisson à saturation d'hélium — la norme ajoute un test spécifique. L'hélium, dont les molécules sont minuscules, s'infiltre dans le boîtier pendant le séjour. À la remontée, la pression interne devient supérieure à l'externe et peut faire sauter le verre. D'où la valve à hélium des montres comme la Sea-Dweller.
Étanche ne veut rien dire
Les indications de profondeur sur les montres non certifiées sont mesurées en statique, dans un caisson, montre immobile. Elles ne tiennent pas compte de la pression dynamique créée par le mouvement du bras dans l'eau.
En pratique, une montre marquée 30 mètres résiste aux éclaboussures. À 50 mètres, on peut se doucher. À 100 mètres, nager. La plongée avec bouteille commence à 200 mètres — et de préférence avec la mention Diver's.
À noter enfin qu'aucun joint n'est éternel. Une montre de plongée demande une révision périodique de ses joints, généralement tous les deux à trois ans si elle est réellement utilisée en immersion.